Les plantes ont-elles un cerveau ?

François Tardieu a présenté les régulations à l'échelle de la plante et leur efficacité/variabilité génétique face aux variations climatiques pour le Pavillon français lors de l'exposition de Milan le 9 septembre dernier. Retour en image à travers un film de 25 min.

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Mis à jour le 10/12/2015
Publié le 23/10/2015

François TARDIEU, directeur de recherches au Laboratoire d’écophysiologie des plantes sous stress environnementaux (LEPSE), à l’Inra de Montpellier, est lauréat du Laurier d’excellence 2014. Directeur du LEPSE pendant 8 ans, il l’engage dans le phénotypage haut débit et le hisse au rang de leader mondial de sa discipline.

Les plantes réagissent aux fluctuations naturelles du climat. Elles sont ainsi, généralement, en bon état hydrique la nuit et en stress hydrique l’après-midi et ce, d’autant plus que le sol et l’air sont plus secs. C’est pourquoi, même si le sol est partiellement desséché, les plantes semblent en bon état le matin, fanent l’après-midi et récupèrent la nuit. La croissance des organes suit également ce rythme : maximum la nuit et minimum pendant la journée. On constate également que la perméabilité des racines est maximale à l’aube et minimale au coucher du soleil, ce qui permet de faciliter le transport de l’eau dans la plante lorsque la demande augmente le matin.

Des travaux récents révèlent, en outre, que l’amplitude des oscillations journalières de la croissance des feuilles dépend du stress hydrique que la plante a subi auparavant. L’explication du phénomène est la suivante : si la plante a été confrontée à un stress hydrique (par exemple, journées ensoleillées et sol sec), l’expression des gènes d’aquaporines varie fortement au cours de la journée tandis qu’elle varie peu après des journées nuageuses dans un sol humide. Les mouvements d’eau et la croissance foliaire suivent également ces oscillations qui dépendent de l’histoire récente de la plante. En tenant compte des conditions hydriques subies les jours précédents, les plantes peuvent ainsi anticiper le degré d’oscillations qui a le plus de chances d’être favorable à leur croissance. Peut-on pour autant dire que les  plantes ont un cerveau ?

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  • Francois Tardieu - Laboratoire d’écophysiologie des plantes sous stress environnementaux (LEPSE)