Une grille de lecture partagée des paysages agricoles pour les scientifiques travaillant sur les services écosystémiques

Dans le cadre des recherches sur les services écosystémiques rendus par les paysages agricoles, des chercheurs viennent de proposer dans Frontiers in Environmental Science un cadre commun pour intégrer à la fois les processus biotiques et abiotiques et les activités humaines dans les modèles de simulation du fonctionnement des paysages agricoles.

des ILE (éléments du paysage immobiles) et MLE (éléments du paysage mobiles) pendant l'hiver (A) et en été (B), avec les processus indiqués par des flèches, et les interactions positives et négatives entre les processus et entre les activités humaines et les processus (C).. © Inra, Fabrice Vinatier
Mis à jour le 04/02/2016
Publié le 04/02/2016

Des agroécosystèmes complexes à modéliser

L’étude des services écosystémiques rendus par les paysages nécessite un effort de recherche accru pour représenter les processus en jeu. La complexité du fonctionnement des agro-écosystèmes appelle à utiliser des approches de modélisation spatialement explicite couplant différents processus. Or ce type de couplage est limité par le cloisonnement des disciplines, et les rares tentatives de formalisation proposent souvent une représentation déséquilibrée des processus biotiques et abiotiques et des activités humaines, qui dépend de la discipline de base des chercheurs.

 

Partager une même vision du paysage agricole

Les auteurs de l’article proposent un cadre de conceptualisation spatialement explicite pour aider les scientifiques à partager une même vision du paysage et de ses composantes. A cet effet, ils distinguent les éléments du paysage mobiles, qui figurent des objets biotiques ou abiotiques (par exemple l'eau, la faune et la flore), des éléments du paysage immobiles qui représentent des éléments fixes ayant une certaine géométrie (par exemple les tronçons de fossé ou les parcelles).

Cette représentation permet d’établir une base commune pour certains objets ou processus qui diffèrent habituellement suivant les disciplines. Le cadre conceptuel est appliqué à un paysage virtuel ayant des propriétés réalistes. Le cadre ainsi formulé autorise une représentation du système avec un ensemble limité de concepts tout en préservant la liberté de choisir une approche de modélisation spécifique à une discipline donnée. La mise en œuvre de ce cadre pose des questions de fond sur la conception des modèles, la discrétisation du temps et de l'espace, et la disponibilité des plateformes de modélisation et des données.

En savoir plus

An Unified Framework to Integrate Biotic, Abiotic Processes and Human Activities in Spatially Explicit Models of Agricultural Landscapes, Fabrice Vinatier, Philippe Lagacherie, Marc Voltz, Sandrine Petit, Claire Lavigne, Yves Brunet and Françoise Lescourret, http://dx.doi.org/10.3389/fenvs.2016.00006

Cet article a été écrit dans le cadre des activités d’animation des enjeux 2 et 3 du département EA.